Les statines sont des médicaments anti-cholestérol utilisés pour réduire le risque cardiovasculaire. Elles sont présentes en pharmacie sous les noms de Lipitor, Pravachol, Crestor, Zocor, Lescol ou Vytorin. Bien que leur utilisation fasse l’objet de controverses, elles restent largement prescrites en France où elles coûtent cher à la sécurité sociale. Mais pour quels bénéfices ? Petit tour d'horizon de ce à quoi il faut s'attendre en prenant ces médicaments.
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Des médicaments anti-cholestérol abandonnés car inefficaces
Récemment, le laboratoire Lilly a abandonné ses essais sur l’évacetrapib car ils montraient l’inefficacité du médicament. Certes, la molécule diminue le taux de mauvais cholestérol (LDL) et augmente ceux du bon cholestérol (HDL). Mais ces effets sur le cholestérol ne se traduisent pas par une diminution de la mortalité cardiovasculaire, du risque de crise cardiaque ou d’AVC.
L’étude était un essai de phase 3 sur plus de 12.000 patients à haut risque cardiovasculaire. Certains ont reçu 130 mg d’évacetrapib ou de placebo par jour pendant au moins 18 mois. En moyenne, les patients prenant l’évacetrapib ont diminué leur taux de LDL de 37 % (passant de 84 à 55 mg/dL) et augmenté leur HDL de 130 % (passant de 46 à 104 mg/dL) par rapport au groupe placebo. Mais il n’y avait pas de différence en termes de bénéfice cardiovasculaire : 256 participants ont eu une crise cardiaque, contre 255 dans le groupe placebo ; 92 patients prenant le médicament ont fait un AVC, contre 95 dans le groupe placebo ; et 434 personnes qui ont pris le médicament sont décédées de maladie cardiovasculaire, contre 444 qui prenaient le placebo.
Ces résultats marquent le troisième échec d’une classe de médicaments (les inhibiteurs de CETP) anti-cholestérol : le premier médicament (torcetrapib) a été abandonné en phase 3 car il augmentait le risque cardiovasculaire et les décès ; le suivant, le dalcetrapib, a été arrêté en phase 2 en raison de son inefficacité.
Le principal auteur de ces travaux sur l'évacetrapib, Stephen Nicholls, a exprimé sa déception : «Nous avions un agent qui semblait faire toutes les bonnes choses. C’est la question la plus ahurissante. Comment un médicament qui abaisse quelque chose qui est associé à un bénéfice ne peut montrer aucun avantage? »